Enquête numérique · Presse française · 2026

Où vont les e-mails
de la presse française ?

Derrière chaque rédaction, une infrastructure de messagerie. Qui en détient les clés ? Lecture des enregistrements DNS publics de 50 médias français.

Une presse libre suppose des moyens de communication que personne ne peut fermer, surveiller ou suspendre sur décision politique. Les boîtes mail d'une rédaction concentrent une part sensible de son travail : échanges avec les sources, contacts confidentiels, enquêtes en cours. Savoir quel prestataire les héberge, et sous quelle juridiction il opère, n'est pas un détail technique : c'est une question d'indépendance et de protection des échanges.

Confier sa messagerie à un prestataire étranger, c'est la soumettre à une juridiction extérieure. Le cas le plus fréquent en France est celui des prestataires américains, soumis à des lois extraterritoriales comme le Cloud Act, qui permet aux autorités des États-Unis, dans le cadre d'enquêtes judiciaires, de réclamer l'accès à des données détenues par une entreprise américaine, y compris lorsqu'elles sont stockées sur des serveurs situés en Europe.

⚠ Un précédent concret

Un juge français coupé du jour au lendemain

En août 2025, le magistrat français Nicolas Guillou, juge à la Cour pénale internationale, a été placé sous sanctions par l'administration américaine après avoir participé à l'émission de mandats d'arrêt visant des responsables israéliens. Ces sanctions interdisent à toute personne — physique ou morale — relevant du droit américain de lui fournir un service. Elles ne visent donc pas que les entreprises : son épouse et ses enfants, de nationalité américaine, s'exposeraient eux-mêmes à des poursuites s'ils venaient à l'aider.

Conséquences concrètes documentées : gel de ses avoirs, fermeture de comptes (Amazon, PayPal, Airbnb), moyens de paiement Visa et Mastercard bloqués, transactions en ligne impossibles. Certaines banques européennes ont elles aussi suspendu ses comptes par crainte de sanctions secondaires — la loi américaine produisant ses effets jusque dans l'espace européen.

Ce mécanisme pourrait demain viser un journaliste ou une rédaction. Lorsqu'une infrastructure de communication dépend d'un acteur étranger, son accès peut être restreint sur décision politique, sans recours immédiat. Ce n'est pas une certitude : c'est un risque structurel, qu'une affaire comme celle-ci rend tangible.

Sources : Assemblée nationale (question n°14332) · Le Temps (févr. 2026) · RTS (mars 2026) · Next · Le Club des Juristes

🇺🇸 États-UnisGoogle, Microsoft…
🇪🇺 EuropeOVH, Gandi, Infomaniak, IONOS…
🏠 Auto-hébergé / intra-groupeinfra propre ou du groupe

Presse quotidienne nationale

Le Monde
lemonde.fr
Google (États-Unis)
🇺🇸 GoogleFiable
Le Figaro
lefigaro.fr
Auto-hébergé · infrastructure Figaro (France)
🇫🇷 Auto-hébergéProbable
Libération
liberation.fr
Microsoft (États-Unis)
🇺🇸 MicrosoftFiable
Les Échos
lesechos.fr
Microsoft (États-Unis) · filtre Proofpoint
🇺🇸 MicrosoftFiable
Le Parisien
leparisien.fr
Microsoft · derrière Proofpoint
🇺🇸 MicrosoftProbable
L'Humanité
humanite.fr
Microsoft (États-Unis)
🇺🇸 MicrosoftFiable
La Croix
la-croix.com
Gandi (France)
🇫🇷 GandiFiable
L'Opinion
lopinion.fr
Microsoft (États-Unis)
🇺🇸 MicrosoftFiable

Hebdomadaires & magazines

Le Point
lepoint.fr
Google · derrière Mimecast
🇺🇸 GoogleProbable
L'Express
lexpress.fr
Microsoft (États-Unis)
🇺🇸 MicrosoftFiable
Le Nouvel Obs
nouvelobs.com
Google (États-Unis)
🇺🇸 GoogleFiable
Marianne
marianne.net
Microsoft (États-Unis)
🇺🇸 MicrosoftFiable
Challenges
challenges.fr
Microsoft (États-Unis)
🇺🇸 MicrosoftFiable
Courrier International
courrierinternational.com
Google (États-Unis)
🇺🇸 GoogleFiable
Télérama
telerama.fr
Google (États-Unis)
🇺🇸 GoogleFiable
Alternatives Économiques
alternatives-economiques.fr
Microsoft (États-Unis)
🇺🇸 MicrosoftFiable

Presse quotidienne régionale

Ouest-France
ouest-france.fr
Microsoft (États-Unis) · filtre Mimecast
🇺🇸 MicrosoftFiable
Le Télégramme
letelegramme.fr
Google (États-Unis)
🇺🇸 GoogleFiable
La Voix du Nord
lavoixdunord.fr
Microsoft (États-Unis)
🇺🇸 MicrosoftFiable
Sud Ouest
sudouest.fr
Google (États-Unis)
🇺🇸 GoogleFiable
La Dépêche du Midi
ladepeche.fr
Google (États-Unis)
🇺🇸 GoogleFiable
Nice-Matin
nicematin.com
Google (États-Unis)
🇺🇸 GoogleFiable
Le Dauphiné Libéré
ledauphine.com
Euro-Information / Crédit Mutuel
🇫🇷 Intra-groupeProbable
L'Est Républicain
estrepublicain.fr
Euro-Information / Crédit Mutuel
🇫🇷 Intra-groupeProbable
Le Progrès
leprogres.fr
Euro-Information / Crédit Mutuel
🇫🇷 Intra-groupeProbable
La Montagne
lamontagne.fr
SdV Plurimédia (France)
🇫🇷 SdV PlurimédiaProbable

Médias numériques (pure players)

Arrêt sur Images
arretsurimages.net
Gandi (France)
🇫🇷 GandiFiable
Numerama
numerama.com
Google (États-Unis)
🇺🇸 GoogleFiable
Reflets.info
reflets.info
Infomaniak (Suisse)
🇨🇭 InfomaniakFiable
StreetPress
streetpress.com
Octopuce (France)
🇫🇷 OctopuceFiable
Brief.eco
brief.eco
Google (États-Unis)
🇺🇸 GoogleFiable
Contexte
contexte.com
Google (États-Unis)
🇺🇸 GoogleFiable
Reporterre
reporterre.net
Infomaniak (Suisse)
🇨🇭 InfomaniakFiable
Basta!
basta.media
OVH (France)
🇫🇷 OVHFiable
Les Jours
lesjours.fr
OVH (France)
🇫🇷 OVHFiable
Splann!
splann.org
KAZ — CHATONS (Bretagne)
🏴 kaz.bzhProbable
Blast
blast-info.fr
Infomaniak (Suisse)
🇨🇭 InfomaniakFiable
Le Média
lemediatv.fr
IONOS (Allemagne)
🇩🇪 IONOSProbable
Politis
politis.fr
Octopuce (France)
🇫🇷 OctopuceFiable
Mediapart
mediapart.fr
Auto-hébergé · infrastructure Octopuce (France)
🇫🇷 Auto-hébergéProbable
Next
next.ink
Noir Group / Moji (France)
🇫🇷 Noir GroupProbable

Presse satirique

Charlie Hebdo
charliehebdo.fr
Microsoft (États-Unis)
🇺🇸 MicrosoftFiable
Le Canard Enchaîné
lecanardenchaine.fr
Bearstech (France)
🇫🇷 BearstechProbable

Médias audiovisuels

France 24
france24.com
Microsoft (États-Unis)
🇺🇸 MicrosoftFiable
RFI
rfi.fr
Microsoft (États-Unis)
🇺🇸 MicrosoftFiable
LCI
lci.fr
Microsoft (États-Unis) · filtre Proofpoint
🇺🇸 MicrosoftFiable
Arte
arte.tv
Microsoft (États-Unis) · filtre Mimecast
🇺🇸 MicrosoftFiable
TF1
tf1.fr
Indice : Microsoft · masqué par Proofpoint
🇺🇸 MicrosoftIncertain
CNews
cnews.fr
Indice : Microsoft · masqué par Proofpoint
🇺🇸 MicrosoftIncertain
BFM TV
bfmtv.com
Infrastructure Mailclub / SafeBrands (France)
🇫🇷 MailclubProbable
M6
m6.fr
Microsoft
🇺🇸 MicrosoftProbable
France Télévisions
francetv.fr
Microsoft (États-Unis) · filtre Mimecast
🇺🇸 MicrosoftFiable
Radio France
radiofrance.com
Indice : Microsoft · masqué par Proofpoint
🇺🇸 MicrosoftIncertain

Un média manque à l'appel ?

Cette page couvre 50 titres. Vous cherchez un autre journal, une radio locale, un site ? Testez n'importe quel domaine : le résultat s'affiche en quelques secondes.

Ouvre quihebergelesmails.fr dans un nouvel onglet.

Comment lire ces résultats

Chaque résultat repose sur des signaux techniques publics dont la force varie. Pour ne rien affirmer au-delà de ce que les données montrent, chaque média porte un niveau de confiance :

Questions fréquentes

Microsoft et Google ont des centres de données en France. Les e-mails ne restent-ils pas en Europe ?
L'emplacement physique des serveurs ne change pas la juridiction. Une entreprise de droit américain reste soumise à des lois comme le Cloud Act, qui peut l'obliger à transmettre des données aux autorités des États-Unis, même si ces données sont stockées sur des serveurs situés en Europe. Ce qui compte, c'est la nationalité de l'entreprise qui détient les clés, pas la latitude du bâtiment.
Quelle différence entre « auto-hébergé » et « intra-groupe » ?
Dans les deux cas, la messagerie reste hors des grands clouds américains, et c'est pourquoi nous les affichons sous la même couleur. Auto-hébergé signifie que la rédaction opère sa propre infrastructure mail (par exemple Le Figaro ou Mediapart). Intra-groupe signifie qu'elle s'appuie sur l'infrastructure de sa maison-mère ou de son groupe (par exemple Le Dauphiné Libéré, dont les mails passent par Euro-Information, la filiale informatique du Crédit Mutuel). La nuance porte sur qui opère les serveurs ; le point commun, c'est qu'aucun prestataire soumis à une juridiction extra-européenne n'est dans la boucle.
Pourquoi classer la Suisse (Infomaniak) dans la catégorie « Europe » ?
La Suisse n'est pas dans l'Union européenne, mais elle dispose d'un cadre de protection des données reconnu adéquat par la Commission européenne, et n'est pas soumise aux lois extraterritoriales américaines. Du point de vue de la souveraineté des données, un hébergeur suisse offre des garanties proches d'un hébergeur de l'UE. Le drapeau affiché reste celui du pays réel (🇨🇭), pour que chacun juge sur pièces.
Être hébergé chez un acteur américain, est-ce un problème en soi ?
Cette page ne porte pas de jugement sur les rédactions. Elle constate un fait technique et expose un risque structurel : une dépendance à une infrastructure étrangère peut, dans certaines circonstances, être restreinte sur décision politique. À chaque média d'évaluer si ce risque est acceptable au regard de ses pratiques. Une rédaction peut chiffrer ses échanges sensibles ou passer par d'autres canaux pour ses sources : c'est une décision éditoriale qui lui appartient.
Le RGPD ne protège-t-il pas déjà ces données ?
Le RGPD encadre l'usage des données personnelles, mais il n'efface pas les obligations qui pèsent sur une entreprise américaine au titre de son droit national. C'est précisément la tension que les accords successifs entre l'UE et les États-Unis (Safe Harbor, Privacy Shield, puis Data Privacy Framework) ont tenté de résoudre, sans mettre fin au débat juridique.
Comment ces informations sont-elles obtenues ? Est-ce légal ?
Uniquement à partir d'informations publiques : les enregistrements DNS (MX, SPF, Autodiscover) et la bannière affichée par les serveurs de messagerie, consultables par quiconque. Aucune connexion à une boîte mail, aucun accès à un contenu. C'est l'équivalent de regarder l'adresse inscrite sur une boîte aux lettres, pas d'en lire le courrier.
Une information est erronée ou périmée. Que faire ?
Les configurations changent, et la détection a ses limites (voir ci-dessous). Si vous constatez une erreur, signalez-la nous : la correction sera faite. Vous pouvez aussi vérifier n'importe quel domaine par vous-même sur l'outil.
Méthodologie & limites

Ces données proviennent de l'analyse des enregistrements DNS publics (MX, SPF, Autodiscover) et des bannières SMTP, via l'outil open-source quihebergelesmails.fr, développé par la coopérative numérique ézéo. Aucune connexion aux messageries n'est établie : seules des informations techniques publiques sont consultées.

L'analyse identifie le prestataire qui héberge l'infrastructure mail, et non le propriétaire des données. Plusieurs limites sont à garder en tête : un filtre anti-spam placé en frontal (Proofpoint, Mimecast…) peut masquer l'hébergeur réel ; un même prestataire peut héberger des configurations différentes ; et l'hébergeur d'aujourd'hui peut changer demain. Lorsqu'un filtre anti-spam est placé en frontal, il agit comme un écran qui masque l'identité de l'hébergeur mail final : la détection devient alors incertaine, et le résultat est signalé comme tel. C'est pourquoi chaque résultat est accompagné d'un niveau de confiance (Fiable, Probable, Incertain) : nous n'affirmons rien au-delà de ce que les signaux techniques permettent d'établir.

Données collectées en mai 2026. Une erreur, un média à ajouter, une précision à apporter ? Écrivez-nous — les corrections sont les bienvenues, et chacun peut vérifier un domaine par lui-même sur l'outil.